bancarisation au Niger : entre besoin et résistance. Quelles pourraient être les pistes de solutions ?

Souvent classé en queue de peloton  des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), le Niger enregistre l’un des taux le plus faible de bancarisation. Il est de 3% contre, une moyenne de 6% pour la zone UEMOA. L’objectif régional étant d’atteindre un taux de bancarisation de 20% dans les prochaines années.

La bancarisation dépend, pour beaucoup, du niveau d’instruction de la population, mais aussi du poids culturel et de la confiance qui règne entre la banque  et sa clientèle. De plus, le coût exorbitant à l’accès aux services bancaires décourage dans une certaine mesure et frustre les usagers à y faire recours ; ce qui implique un faible taux de bancarisation, des obstacles à l’amélioration de la croissance économique.

Au Niger, le marché financier est oligopolistique (petit nombre des banques pour toute la population). Il est composé de dizaines des banques et un développement remarquable de la microfinance, malgré le degré de pénétration du système bancaire dans l’économie, la bancarisation demeure en dessous du seuil des attentes.

Pour améliorer le taux de bancarisation dans ce  pays à population majoritairement musulmane, il est impératif  d’entreprendre une campagne de sensibilisations bien ciblées, d’adapter les différents produits bancaires à leurs contraintes budgétaires, c’est-à-dire à leur niveau de vie. Il  faut surtout faire de la bancarisation une culture citoyenne, afin de contrôler le circuit financier, réduire ainsi la corruption galopante. La mise en relation des agents à besoins de financement et ceux à capacité de financement serait un atout considérable. Ces actions permettront inéluctablement de  moderniser l’économie nigérienne, significativement informelle. Ainsi naîtra un changement du comportement, même s’il n’est pas immédiat, car il est plus facile de se figer sur une pratique culturelle peu rentable, que d’embrasser une nouvelle pratique plus rentable et conforme à la nouvelle vision du monde globalisé. Cette bancarisation sera alors généralisée progressivement en tenant compte de la réalité socio-culturelle et financière du Niger.

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