Sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest : L’abandon du système de subsistance pour la production industrielle

Plus de 13 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire et humanitaire urgente. Ces personnes sont reparties entre plusieurs pays dont, le Mali, le Niger (nord du pays), le Nigéria, le Sénégal et le Tchad avec une population globale de 1,6 millions d’habitants en phase urgence et 50.000, en état de famine toujours dans le nord Nigéria (Etat de Borno, Adamawa et Yobé).

C’est le cri d’alarme qu’a lancé le Comité permanent Inter-états de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) lors d’une conférence de presse tenue le 06 Juillet 2017 à Niamey relayée par Agri Challenge dans son 20è numéro.

Cette conférence se veut une rencontre de restitution des travaux menés en mars de cette année dans la capitale capverdienne sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et Afrique de l’Ouest.
Cette (déplorable) situation trouve ses causes dans les cataclysmes naturels et climatiques caractérisés par les inondations dans certains bassins fluviaux du Niger et du Sénégal, la rareté de la pluie par endroit, l’envahissement des criquets pèlerins et chenilles poilues entre autres. A cela s’ajoute l’instabilité dont jouit cette zone où les activités pastorales payent le fort prix.

Pour les experts, le renforcement des mécanismes et dispositifs de veille informationnelle sur la campagne et les marchés surtout pendant les périodes de soudures sont des armes pour mener cette lutte. «Nous recommandons aux états de mobiliser les ressources financières pour assurer à temps la collecte des données au déroulement des analyses avec le Cadre Harmonisé (…) sur la production agricole et fourragère, de sécurité alimentaire puis sur les moyens d’existence» a fait savoir Dr Djime ADOUM, secrétaire exécutif du CILSS.

Autre option pour gagner cette lutte (pas de moindre) selon ces experts, c’est le changement dans les habitudes de production. Il faut abandonner le système de production agro-sylvo-pastorale et halieutique dite de subsistance au profit d’un autre système plus salutaire, qui est la production industrielle. « Ceci impliquera la transformation locale de ces produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques, la création de richesse et d’emploi, de la mise sur le marché -à temps et à bons prix- des produits locaux permettant d’avoir un système de marchés d’approvisionnement aux moments opportuns » a exhorté le secrétaire exécutif du CILSS.

Les Nations-Unies envisageraient décaisser une somme de 248 millions de dollars pour accompagner les projets de pastoralisme dans les pays membres du CILSS.

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