Niger : le tourisme et l’artisanat malmenés par les défis sécuritaires

Le secteur de l’artisanat  qui représentait jusqu’à 25% du PIB du Niger, est depuis quelques années touché par  le fléau de l’insécurité qui sévit dans la région Ouest-Africaine. Au Niger, prés d’un millions de personnes vivent à temps plein ou de manière saisonnière des activités artisanales. Ces personnes voient leurs conditions d’existence devenir de plus en plus difficiles, du fait de la baisse drastique des revenus liés à la vente des objets d’arts.

Le village d’artisanat de Wadata,  l’un des plus grands centre  artisanal du pays a vu  ses recettes fondre, passant de 3 millions de F CFA par mois il ya 5 ans à   300.000 voire 200 000 F CFA de recettes mensuelles à cause de la rareté des clients constitués essentiellement des touristes et d’expatriés.

 Selon la direction de l’artisanat  le secteur est constitué de seize (16) branches subdivisées en quarante-six (46) corps de métier qui totalisent deux cent six métiers (206). L’activité est considérée comme une des composantes essentielles de l’économie nationale, car représentant ¼ de la richesse du pays.

 En attendant le retour des clients, les artisans continuent  la production, et cherche des débouchés  pour écouler leur produits. « Cela fait à peu près six mois qu’on est là, mais je n’arrive pas à trouver les clients », a indiqué Mme Laziratou, artisane au village de Wadata.

 L’administration du village artisanal de Wadata, reste optimiste même si elle reconnait que l’insécurité continue de porter un coup dur  au secteur du tourisme et de l’artisanat. Pour continuer à survivre, certains artisans se réorientent vers la production d’objets artisanaux utilitaires, plus faciles à vendre, les sacs à main, les chaussures, les boucles d’oreille, les bijoux…

« Il y a des produits pour lesquels, quel que soit la nature ou les causes d’une crise, ils vont continuer à se vendre. C’est des produits de première nécessité tels que les produits de l’artisanat utilitaire ou de l’artisanat de service. Même si vous n’avez rien, vous allez les consommer parce que ça fait partie de votre quotidien », souligne Adawal Aboubacar, directeur de l’artisanat. 

Quoiqu’il en soit, l’artisanat occupe une place importante dans les stratégies de réduction de chômage au Niger. Son impact social est aussi important du fait de la forte présence des femmes dans les activités du créneau.

En 2014 le Niger s’est doté d’une chambre des métiers  de l’artisanat  (CMANI) sur recommandations de l’UEMOA. Cette structure a pour mission de contribuer à une meilleure organisation, à la modernisation et à la compétitivité du secteur  de l’artisanat. Et dans le contexte actuel, cette Chambre a plutôt du pain sur la planche.

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