Mécanique à Niamey: les chirurgiens des engins à deux roues.

Mécanique à Niamey

Ousseini Abdou a appris à réparer des motos sur le tas, puis il créa son garage avec 35 000 FCFA. 10 ans après, il brasse plusieurs millions de Francs CFA.

Ils sont nombreux et dispersés dans la capitale, sous les hangars ou à l’ombre des arbres. Ils attendent courageusement des clients pour les dépanner. Les réparateurs des engins à deux roues gagnent aléatoirement leurs vies au quotidien. Nombreux sont devenus des entrepreneurs informels, et ont créé des richesses considérables, mais leur apport est sous-estimé, dans le Produit Intérieur Brut du pays.

L’équipe de Business Challenge s’est intéressée au cas d’Ousseini Abdou, qui a fait son nid de richesse dans la réparation des engins à deux roues.

Agé de 25 ans, Ousseini a abandonné les bancs de l’école au cycle primaire. Natif de Koira Tegui, un quartier populaire et périphérique de la Capitale, Ousseini s’est vite engagé dans l’apprentissage des travaux manuels. Ainsi, il travailla durant 6 ans en qualité d’apprenti mécanicien dans 5 différents ateliers au sein de la ville de Niamey.

Ayant acquis une expérience solide dans la réparation des motos, il décide de se lancer à son propre compte.

Il a démarré ses activités avec un capital initial de 35 000 FCFA sous l’ombre d’un arbre, accompagné de deux apprentis.

10 ans après, Ousseini Abdou se retrouve à la tête d’une équipe de 13  hommes dont sept permanents, trois apprentis et trois vacataires. Il précise qu’il a formé plus d’une trentaine d’apprentis dont deux sont devenus des chefs dans leurs propres garages.

Il a également encadré une dizaine d’autres apprentis pour le compte d’un projet qui fait la promotion de la mécanique, moyennant un appui financier.

En outre, avec son équipe, il réparent des moteurs électriques et bien d’autres dépannages. Chaque employé est rémunéré au prorata, c’est-à dire en fonction des motos qu’il a eu à réparer.

Au sujet de son chiffre d’affaires, Ousseini avoue qu’il n’a aucune comptabilité, ni un cahier pour enregistrer les recettes ou dépenses. « En moyenne et la plus part du temps, on gagne jusqu’à 25 000FCFA par jour et des fois moins».

Grace à cette activité, je me suis marié et je suis père de 2 enfants. De plus, j’ai payé deux parcelles de 400 m2 et 200m2 dans mon quartier. Les travaux manuels nourrissent l’Homme, dit-il, si ce dernier est réellement sérieux dans ce qu’il fait.

Ousseini possède aussi, bientôt 3 ans, une boutique de pièces détachées pour motos,. Ce qui lui permet de fixer les Clients. De même, il commande des engins neufs à Sokoto(Nigéria) pour les revendre à Niamey.

Cette diversification de ces activités, dit-il, est le début de sa reconversion  en jeune opérateur économique informel. Son ambition est de devenir incontournable dans le domaine d’importations de pièces détachées pour les engins à deux roues.

Pour le moment, la charge annuelle de sa boutique s’élève à 295 000 FCFA dont 115 000 FCFA pour l’impôt et 180 000 FCFA pour location et l’électricité.

Conscient de son état d’informel, Ousseini Abdou se dit prêt à tout formaliser dès qu’il aura de «  racine » dans ses activités.

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