La lutte contre les déchets plastiques, loin d’être gagnée!

Le gouvernement nigérien adoptait en juin 2015 un décret déterminant les modalités d’application de la loi interdisant « la production, l’importation, la commercialisation, l’utilisation et le stockage des sachets et des emballages en plastiques souples à basse densité ». Un décret voté un an plus tôt par les députés. Ainsi, l’on voyait le Niger se doter d’un arsenal juridique, nécessaire à la protection de l’environnement et à la gestion des sachets plastiques.

Mais deux ans après cette adoption, le constat est triste. La production, l’importation, la commercialisation, l’utilisation de ces sachets et emballages plastiques vont bon train, et semblent avoir de « beaux » jours devant elles. Les raisons ne sont pas ailleurs. Elles se trouvent dans l’usage quotidien de « ce sachet plastique », devenu l’unique emballage pour tout produit au Niger.
De la nourriture à de l’eau de consommation en passant par des comestibles de tous genres, solides comme liquides, rien n’échappe à l’usage du sachet plastique ; même les fruits et légumes !

Les résultats se traduisent par de tas de sachets plastiques jonchant les boulevards, avenues et grandes artères, offrant une « piètre » carte postale de Niamey et villes nigériennes.
Bouchant la canalisation, ses déchets plastiques participent aux inondations de bons nombres de quartiers de la capitale. Les conséquences flagrantes sont la pollution de la ville de Niamey.

Selon une étude conduite par l’ONG Oxfam-Québec en 2008, les déchets plastiques non biodégradables constituent 5% des déchets ménagers solides produits à Niamey. Pour certains, les premiers accusés sont « naturellement » les importateurs et consommateurs qui pourtant ont donné leur avis favorable au lendemain de l’adoption de cette loi. Laquelle d’ailleurs, leur causerait la perte de plusieurs investissements. « Cette loi a fait beaucoup de mécontents dans leur rang ; car avec son l’adoption, ils assisteraient impuissants à la fermeture de leurs sociétés, la suppression de plusieurs milliards de chiffres d’affaires. » a murmuré Djamilla, une habitante de Niamey. « Ceux-ci importeraient encore ces sachets plastiques, sinon ! » s’est-elle exclamé.
Pour d’autres, c’est la faille dans le système du fait de la complaisance et de corruption. « Si ces mesures étaient vraiment prises et les sanctions appliquées, on en serait pas là(…)» a soupiré un habitant rencontré au centre-ville de Niamey qui a requis l’anonymat.

Outre le gouvernement qui continue la sensibilisation, des ONGs et structures de la place se rangent dans des opérations de collecte, de ramassage, de nettoyage et la transformation des déchets plastiques à l’instar de Niger BioPlast, présentée dans le numéro 14 d’Agri Challenge. Mais leurs actions semblent avoir du plomb dans l’aile, rien qu’à faire un tour à Niamey et la lutte contre les sachets plastiques, est loin d’être gagnée.

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *