Khalid Alkassoum abandonne la craie pour devenir entrepreneur

L’équipe de Business Challenge s’intéresse cette fois-ci, au parcours d’un enseignant de lycée qui s’est fait une place au-delà des frontières nationales, en créant son cabinet spécialisé dans les systèmes d’information financiers. Ceci, après 10 ans de service dans une société minière.

BC: Bonjour Mr le Directeur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

KA : Je vous adresse toutes mes félicitations pour la qualité de votre webmagazine. Je vous remercie pour cette interview tout en saisissant cette occasion pour saluer vos lecteurs. Je m’appelle Khalid Alkassoum, et je dirige actuellement la société Advinteck. A l’issue de mes études secondaires au Lycée Issa Korombé, j’ai obtenu un BAC C en 1980, suivi d’une maitrise de physique à l’Université Abdou Moumouni (UAM). J’ai aussi enseigné au lycée. j’ai continué mes études en France pour obtenir, en 1990, un ingéniorat en informatique (EPSI-Montpellier). J’ai également eu l’opportunité en 1996 de suivre à Yaoundé, une formation de Directeur Financier. J’ai repris les études à l’Université Abdou Moumouni de Niamey au titre de l’année 2008-2009, cette fois pour un master (M2) en Gestion Macro-économique. Enfin, je suis titulaire depuis juin 2017 d’un master (M2) en « Analyse, Conception et Recherche dans le Domaine de l’Ingénierie des Technologies en Education » conjointement délivré par l’Université de Cergy-Pontoise (France), l’Université de Genève (Suisse), et l’Université de Mons (Belgique), sous la coordination de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

BC : Parlez-nous des tâches et responsabilités que vous avez eu à exécuter dans cette Société ?

KA : J’ai commencé à travailler à la Compagnie Minière d’Akouta (COMINAK) en 1990. De 1990 à 1995, j’étais principalement basé à Akouta (Arlit) où ma fonction couvrait deux domaines. Celui de l’informatique et celui du contrôle de gestion. A partir de 1995, j’ai été affecté au siège de COMINAK (Niamey) pour me consacrer davantage au Contrôle de Gestion, tout en développant les outils qui lui sont spécifiquement dédiés (les tableaux de bord, la comptabilité budgétaire et la comptabilité analytique, notamment). J’ai quitté cette société de ma propre initiative en 2000.

BC : Expliquez-nous les raisons de votre départ ?

KA : Je suis parti de COMINAK en y laissant de très bons souvenirs avec comme principale motivation, de créer une entreprise dans le secteur du développement logiciel. De manière rétrospective, je suis très content d’avoir fait ce choix à ce moment là. De toute les façons, ‘‘qui ne risque rien, n’a rien’’ a-t-on l’habitude de dire. N’est-ce pas ?

BC: Vous êtes actuellement un entrepreneur. Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce Cabinet ?

KA : La motivation ici, est celle d’offrir l’expérience acquise d’abord sur le secteur privé, puis sur le secteur public, tant en informatique, qu’en finance et gestion. Mais, je pense qu’entreprendre dans le secteur privé relève d’un état d’esprit qui se développe assez tôt dans la vie en fonction du contexte. Il ne faut pas craindre les risques outre mesure.

BC : Vous intervenez dans quel domaine et depuis quand ?

KA : Entre 2000 et 2012, j’ai assuré un grand nombre de missions en tant qu’expert des systèmes d’information financiers (short term contract) pour le FMI et la Banque Mondiale dans presque tous les pays de l’UEMOA, et un pays de la CEMAC. Durant la même époque, j’ai également consacré beaucoup de temps à ma formation spécifique en informatique, car ce domaine est en constante évolution. Sur ce secteur spécifique, l’expérience est de 17 ans. L’activité du Cabinet Advinteck est donc très spécialisée.

BC: Quelles sont les difficultés rencontrées à vos débuts?

KA : Les difficultés dans ce secteur sont assez importantes au début, mais avec le temps on apprend à les surmonter. Il faut savoir que le secteur se caractérise par des hauts et des bas sur des durées pouvant s’étaler sur de longues périodes. Ce qui nécessite au départ les moyens financiers nécessaires pour faire face à toute éventuelle sous-activité.
Le développement logiciel est un domaine qui exige à la fois de la méthode, une innovation constante et un effort de créativité important, sans compter la nécessité d’une formation constante. La difficulté ici, c’est que toute l’équipe de développement doit être formée de manière permanente pour rester au niveau exigé par le domaine d’activité. A la sortie d’école, un grand nombre d’ingénieurs doit être encadré sur une longue période pour atteindre le niveau exigé de compétence.
Avec le recul, je pense qu’il s’agit là des deux principales contraintes qu’il ne faut pas perdre de vue, surtout au début. De toute façon, outre l’activité de production proprement dite, tout entrepreneur gère surtout du risque.

BC : Comment se porte votre Cabinet présentement ?

KA : Advinteck se porte bien et a une activité centrée sur son corps de métier, celui des systèmes logiciels financiers. Sans compter le personnel d’appui et les auxiliaires, nous sommes actuellement une quinzaine d’ingénieurs spécialisés dans le génie logiciel. Nous sommes soutenus par un réseau de partenaires et de conseils internationaux, également spécialisés dans ce domaine.

BC: Quelles sont vos ambitions d’entreprise ?

KA : Sur ce point, le plan de développement d’Advinteck vise deux axes de croissance. D’abord le renforcement de l’activité actuelle avec une cinquantaine d’ingénieurs d’ici 2022, puis le soutient à long terme (à réviser à partir de 2020). Ensuite, le développement de nos services dans le secteur des sciences de l’éducation. Ce dernier point est amorcé depuis deux ans et tout se déroule comme prévu. L’objectif est pour 2021.

BC : Quelle observation faites-vous du climat des affaires au Niger ?

KA : A ce sujet, je suis probablement un observateur privilégié, du fait de mon activité professionnelle qui exige une certaine connaissance des finances publiques, de l’économie nationale et du contexte pays. Il y a eu des progrès importants réalisés au cours des dernières années. Il faut les saluer et les soutenir.

BC: Quels conseils donnerez-vous à ceux-là qui hésitent jusque là, à entreprendre ?

KA : Je pense comme beaucoup d’économistes que l’avenir est en Afrique. Je pense surtout aux jeunes. Si vous jugez avoir un déficit de formation, comblez le rapidement. Les moyens de formation en ligne sont aujourd’hui nombreux. L’association des efforts lors de la constitution de l’entreprise permet de réduire les risques. Pensez à vous lancer en équipe.

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