Journée Portes ouvertes au PPAAO

Après quatre années de mise en œuvre, le Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO-Niger ou WAAPP pour le sigle anglais) s’ouvre au grand public à travers une journée Portes ouvertes organisée mercredi dernier, à son siège sis au château I à Niamey. Outre, les responsables d’institutions de la République, les membres du gouvernement, les représentants des organisations internationales et des partenaires techniques et financiers, cette activité a enregistré la participation des représentants des organisations des producteurs, ceux des institutions de recherche, les membres des associations de la société civile et surtout un public nombreux venu découvrir le travail abattu par le PPAAO. Les nombreux stands implantés à cet effet et les explications fournies par les techniciens et autres acteurs ont permis de renseigner les visiteurs.

Cette activité vise à mettre en exergue, les investissements du gouvernement dans divers secteurs de l’économie nationale, à assurer une meilleure visibilité du portefeuille de la Banque mondiale au Niger, à favoriser les synergies opérationnelles entre les différents acteurs et faciliter la mise en commun des connaissances. Le PPAAO est un projet à vocation régionale, qui vise à développer et à diffuser les technologies améliorées dans les filières prioritaires des 13 pays de la CEDEAO bénéficiaires dudit programme. Dans son montage, le PPAAO a prévu d’aller vers une spécialisation des pays selon les secteurs. C’est ainsi que notre pays, abrite dans ce cadre, le Centre national de spécialisation en élevage (CNS-EL). Il s’agit à travers cette démarche, de permettre à chaque pays, de tirer le meilleur profit des filières dans lesquelles il a des avantages comparatifs certains.

Après quatre années de mise en œuvre au Niger, les résultats produits par le PPAAO sont évocateurs. En effet, le projet a touché quelque 350.435 bénéficiaires sur une prévision de 300.000 (dont 39% de femmes pour une prévision de 40% en fin du projet). Il faut ajouter à ce tableau, la couverture de 533.005 ha par les nouvelles technologies sur une prévision de 220.000ha (soit un taux de réalisation de 242%), la production de six (6) technologies par le CNS-EL. Ces six technologies générées ont permis une augmentation de 20 à 40% de la productivité. En outre, le PPAAO a permis d’améliorer la productivité du lait de 100%, celle de la viande de 33% et la réduction de 33% de l’âge de la 1ère mise bas des animaux.

Dans le domaine agricole, le PPAAO a permis de renforcer le secteur semencier. Ainsi 3.902 tonnes de semences de sorgho, niébé, mil et riz ont été produites et diffusées. Ce qui a contribué à l’amélioration du taux de couverture des besoins nationaux en semences qui est passé de 4% en 2012 à 12% en 2014. Ce sont près de 1,7 milliards de FCFA qui ont été investis dans le secteur semencier. En terme de formation, le PPAAO a permis à près de 70 jeunes effectuent un Master et des études doctorales dans le domaine de l’élevage. En somme, le projet s’est relevé être un facteur de création d’emplois. En effet, il a contribué à la création de 5.511 emplois notamment pour les jeunes et les femmes.

C’est pourquoi, le ministre de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable qui donnait le coup d’envoi des activités a souligné tout le mérite du PPAAO et sa contribution inestimable à la mise en œuvre du programme de la renaissance. ‘’Au vu de ces résultats, je peux affirmer sans risque de me tromper de la pertinence et de l’efficacité du PPAAO-Niger. Le ministre est revenu sur les principaux secteurs ayant bénéficié des interventions du PPAAO. Il cite entre autres, l’amélioration génétique et la vulgarisation de la race Azawak, l’introduction des races Azawak et Goudali au B. Faso, au Bénin et en Mauritanie, le repeuplement des centres de multiplication du bétail (CMB de Fako et Ibécetane avec 545 têtes), la construction et la réhabilitation des laboratoires et bureaux, l’acquisition d’équipements scientifiques et techniques lourds au profit du LANA-INRAN, du CNS-EL, de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, la diffusion des variétés de riz Gambiaca introduite du Mali et du vaccin 12 du Ghana avec respectivement 10.000 producteurs et deux (2) millions de doses utilisées contre la maladie de New Castle au Niger.

Au total, souligne le ministre Adamou Cheiffou12 milliards, 11 millions 371 milles 549 FCFA ont été investis dans le cadre du PPAAO, soit un taux de réalisation de 74%. «Le PPAAO a créé, au cours des quatre années passées, des opportunités pertinentes en matière de réduction de la vulnérabilité et de la pauvreté des ménages’’ a déclaré M. Adamou Cheiffou. Pour sa part, le Représentant résident de la Banque mondiale au Niger, s’est félicité de l’organisation de cette activité, qui est une opportunité pour le public de s’informer à la source, d’apprendre et de comprendre, de poser toutes les questions et de se familiariser avec ce programme financé par la Banque mondiale. ‘’Mon espoir est que cette journée serve de déclic pour la création d’entreprises qui vont valoriser les technologies mises au point par le projet et par là contribuer à réduire l’extrême pauvreté et promouvoir la croissance partagée qui sont les deux objectifs de la Banque’’ a déclaré M. Siaka Bakayoko.

  1. Bakayoko de rappeler que le PPAAO est financé par la Banque mondiale pour un montant total de près de 400 millions de dollars au bénéfice de 13 pays de la CEDEAO dont 30 millions de dollars pour le Niger. Le PPAAO est dit-il un instrument privilégié pour la mise en œuvre de la Politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP). Il a invité l’ensemble des acteurs à profiter de cette journée Portes ouvertes  pour mieux connaître le PPAAO et développer des partenariats et des relations d’affaires entre eux et s’enrichir mutuellement. Les activités se sont poursuivies toute la journée avec les visites des stands où sont exposés les résultats du projet.

Siradji Sanda/ONEP Via PPAO

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