Analyse du rapport d’AEC

A la fin de l’année 2015, le département analyse des politiques et des processus budgétaires publics de l’Association Alternative Espaces Citoyens a publié son rapport sur le budget national 2015.

Quelques points de ce rapport, qui sont plutôt des signaux d’alarme ont retenu l’attention de Business Challenge.

  1. Le premier point : une certaine tendance à la baisse des recettes fiscales dans le budget national est observée

Selon les prévisions du gouvernement, les ressources du budget de l’État pour l’exercice 2015 proviendraient d’abord des recettes internes, à hauteur de 1025,23 milliards FCFA correspondant à 60 % des ressources totales ; et ensuite des recettes externes, à hauteur de 681,9 milliards FCFA correspondant à 40% des ressources du budget.

L’analyse de ces chiffres indique que les recettes internes ont très peu varié entre les deux derniers exercices ; car, elles passent de 1012,4 milliards FCFA en 2014 à 1025,23 milliards FCFA en 2015, soit une hausse de 12,74 milliard FCFA, souligne le rapport d’Alternative.

 Toujours d’après le rapport d’Alternative, cette situation cache une tendance à la baisse de la part des recettes fiscales dans le budget national ces dernières années.

En 2011, indique le rapport, les recettes fiscales représentaient 59% du budget national ; elles sont tombées à 57% en 2013, avant de se stabiliser autour de 54% en 2014 et 2015.

  1. Importante part de l’Aide internationale dans le financement de l’investissement national

 Un autre point rouge du budget national, c’est la place importante qu’occupe l’aide internationale dans ce budget.

Ainsi d’après le département analyse des politiques et des processus budgétaires publics de l’Association Alternative, la proportion que prend la part du financement extérieur dans certains domaines dont le secteur sociaux à l’image de l’hydraulique et de l’agriculture est assez préoccupant.

Dans le projet de budget 2015, les investissements dans ces deux secteurs seraient financés respectivement à 92% et 65% par des ressources externes.

  1. Taux d’exécution du budget, qui est toujours faible est aussi un handicap pour le développement national

En d’après le rapport d’Alternative, le taux d’exécution des prévisions de dépenses du budget de l’État pour l’exercice 2015 était globalement très faible jusqu’au huitième mois de l’année.

 Un  rapport du ministère de l’économie et des finances cité par Alternative,  indique que le montant total des dépenses réalisées est seulement de 568 milliards FCFA pour des prévisions initiales de 1732 milliards FCFA ; ce qui correspond à un taux d’exécution de 33% en fin août 2015.

Ce faible taux d’exécution budgétaire a été également déploré dans un rapport publié par le ministère du plan en 2013. La faible exécution des budgets résulterait en fait de deux facteurs clés :

Il s’agit d’abord du caractère peu travailleur de l’administration publique nigérienne et ensuite de la forte dépendance du pays aux financements extérieurs ; difficiles souvent à mobiliser même lorsqu’ils sont promis par les bailleurs.

En conséquence tout cela, et malgré les efforts du gouvernement, les investissements dans les secteurs sociaux de base sont toujours insuffisants par rapport au besoin du pays.

 En fait, si ces tendances ne sont pas vite inversées, le développement du Niger sera pour longtemps difficile à réaliser, car il continuera de dépendre des financements externes, notamment l’aide internationale.

Il faudrait donc, que les Nigériens de tout bord comprennent ces enjeux et se mettent au travail, seul gage de notre développement.

Commentaires

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *